Punpa Pilier
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Localisation: Quand ça va pas je fais aller, j'accuse pas le MRC
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Posted: Sun 20 Apr - 21:11 Post subject: Les années 90 jusqu'a nos jours |
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Huitième de finale retour 1991 : Béziers - Perpignan.
A l'aller l'ASB a perdu, Barend Britz a survolé la touche, la troisième ligne catalane Majoral-Dispagne-Lièvremont
a fait forte impression.
Le retour a été chaud, les perpignanais se plaindront après le match du plan anti-Britz mis en place par les biterrois au retour.
Majoral en reparlera même bien plus tard dans les journaux, dans un article où il repassait le film de sa carrière, ça m'avait surpris.
L'ASB avait sorti un match plein, engagement maximum, maîtrise.
Je sais pas si certains s'en souviennent, une des attractions en tdf ce jour là, c'est la présence de Chamaco, alors au Racing, venu soutenir son club de toujours au milieu de ses supporters, et non pas en Honneur.
Il était juste à côté de nous et on était content.
Ca fusait : Chamaco à Béziers !
La veille du match
LA LONGUE MARCHE DE BEZIERS
Battus 15 à 9 en Catalogne, l’ASB joue sa qualification en quart de finale du championnat de France à domicile. L’ancien international, Jacques Cantoni qui fut co-entraîneur des Rouge et Bleu nous a confié ses prévisions.
L’Association sportive biterroise a remporté onze titres de champion de France, et Jacques Cantoni, 17 fois sélectionné en équipe de France, qui fut l’arrière de Béziers au cours de huit des victoires de son club nous le présente avant le match retour contre Perpignan. A l’aller, en Catalogne, l’USAP l’avait emporté par 15 à 9.
« Pourtant, tout avait bien débuté, raconte l’ancien international, les quinze biterrois ont effectué une excellente première mi-temps, jouant contre le vent, enfonçant les mêlées, gagnant de nombreux ballons en touche. En seconde période, mon pauvre, nous avons vu évoluer une équipe de Béziers très moyenne. Les joueurs ne poussent plus, ne gagnent plus de balles en touche, Cambé a manqué des pénalités, on a totalement subi le jeu. Perpignan vient ici avec six points d’avance et si, dimanche, ils en marquent encore six d’entrée c’est foutu pour nous. Béziers doit absolument prendre la partie en main dès le début du match pour renverser la vapeur. »
Georges Coste, l’entraîneur de Perpignan va sans doute conserver la formation qui l’avait emporté au cours du match aller de ce huitième de finale, avec deux joueurs particulièrement brillants, le Sud-Africain Barend Britz et le capitaine Macabiau. De leur côté, les Biterrois vont récupérer Jean-Pierre Alarcon, l’ex-Toulonnais ayant des capacités de créer des brèches dans la défense, ce qui sera un atout important demain face à une hyper-défense. Mais Béziers possède déjà une longue expérience et doit pouvoir écrire une nouvelle page de son histoire qui remonte à 1911.
C’est à cette époque que Jules Cadenat a créé l’ASB mais il dut attendre un demi-siècle pour voir son équipe remporter son premier titre de champion de France. Entretemps, le club était passé au rugby à XIII, le XV ayant choisi la collaboration pendant la seconde guerre mondiale. A la Libération, Jules Cadenat s’associait aux cheminots pour refonder son club qui retrouvait son nom en 1951.
Le club bleu et rouge connaît sa période la plus faste à partir de 1968, disputant la finale deux fois sur trois, le pilier Raoul Barrière, devenu entraîneur, cherchent sans cesse des innovations techniques tout en privilégiant le jeu collectif, malgré la présence d’individualités de très haut niveau. En cinq ans, l’ASB produit alors dix-sept internationaux. C’est à cette époque (en 1967) que Jacques Cantoni vînt de Toulouse à Béziers, avec Richard Astre.
Depuis 1984, l’ASB n’ a plus gagné de titre national, Jacques Cantoni y voit plusieurs raisons : « d’abord ce système de championnat, avec aller-retour et des rencontres bidons. Les clubs ont besoins d’argent, mais pour avoir des recettes, il ne faut pas prendre le public pour un âne ; quand Périgueux vient prendre 50 points ici, tu as quatre cent-spectateurs. Par contre, dimanche le stade de la Méditerrannée fera le plein. Il faut bien reconnaître que certains matches sont des combats de rue, et pas seulement Toulon-Bègles, mais aussi Toulouse- Brive. Un club ne peut pas rester premier tout le temps, l’ASB a piétiné un peu ces quatre dernières années, mais maintenant elle a trouvé une bonne ossature, les frères Cambé à l’ouverture. C’est tout le rugby français qui a évolué, naguère on voyait des matches de rugby où durant vingt minutes c’était l’explication et après le grand débat. Cela manque aujourd’hui, mais c’est normal ce que l’on demande aux clubs aujourd’hui ce sont des résultats, et à Béziers il manque encore une maîtrise totale du jeu qui ne peut venir qu’en abordant tous les matches avec la même détermination. Je vais te paraître un peu ancien combattant, mais de mon temps il n’y avait pas de « petit match », et de la sorte tu créé une bonne intégration collective ».
Béziers, « endormi » au match aller par les Catalans sans doute poussés par la Tramontane, doit absolument, pour l’emporter, produire un bon et beau jeu pour reprendre sa longue marche.
Le lendemain du match
BEZIERS HEROS DE L’HERAULT
Très nette victoire (27 à 3) de Béziers face à Perpignan, qui n’avait à opposer que sa vaillance au pack conquérant des Rouge et Bleu, dominant la rencontre après 20 minutes de jeu. Avec trois essais marqués, l’ASB fera encore parler d’elle la semaine prochaine.
L’EQUIPE de Béziers a remporté un succès incontestable au cours du match retour de ces huitièmes de finale du championnat de France. L’ASB rencontrera donc Nîmes en 1/4 de finale, soit à Montpellier soit à Clermont-Ferrand.
Après avoir récupéré Gallart, Gouragne et Hyardet lors du match aller à Perpignan, l’AS Béziers retrouvait hier son troisième ligne centre, jean-Pierre Alarcon. Ce retour de l’ex-Toulonnais a renforcé le pack rouge et bleu dirigé de main de maître par le capitaine biterrois Gilles Cambérabéro. Pourtant le début de la rencontre pouvait faire craindre le pire, des coups de poing et de pieds volant dans toutes les directions. Monsieur Casterret, l’arbitre de la Ligue des Pyrénées, a eu quelques difficultés à rendre plus sereine l’ambiance électrique qui prévalait durant le premier quart d’heure de jeu. Car l’orage menaçait sur le terrain, et non dans l’atmosphère somme toute agréable hier après-midi dans l’Hérault. Le superbe stade de la Méditerrannée a été, au bout du compte, le théâtre d’un beau jeu, une fois la période d’énervement achevée et les « explications » terminées.
Les frères Cambérabéro marquaient rapidemment les premiers points de leur équipe, Gilles le demi de mêlée et capitaine réussissant un drop dès la 4e minute de jeu et Didier passant une pénalité entre les poteaux à la 13e. Au bout d’un quart d’heure, les Biterrois se retrouvaient ainsi à la « case départ », ayant été défaits par 15 à 9 au match aller à Perpignan. Dès lors, le jeu prenait sa vitesse de croisière, l’international Alain Hyardet offrant un bel essai à son équipe : le Sud-Africain Baren Britz, très bon sauteur du club roussillonnais, se faisait néammoins subtiliser le ballon par Alarcon qui transmettait à Hyardet. Didier Cambérabéro, beaucoup plus heureux dans ses coups de pieds que son homologue catalan Eric Tréséné, réussissait la transformation, portant ainsi le score à 12 à 0 après 24 minutes de jeu.
Durant près de cinquante minutes, les Catalans n’ont pratiquement plus mis un pied dans le camp de Béziers, Cambérabéro plaçait un nouveau drop entre les poteaux (27e) et manquait de peu le suivant (36e). Tréséné réussissait tout de même une pénalité, de 15 mètres face au poteau, marquant ainsi les trois points de son club (47e). Les joueurs de Perpignan résistaient alors avec beaucoup de courage, mais les Bitterrois étaient décidemment trop forts et ils restèrent dans les 22 m adverses jusqu’au coup de siflet final, accentuant même la pression.
Gilles Cambérabéro effectuait une très belle percée et lançait un petit ballon à ras de terre que Philippe Alonzo, l’arrière héraultais, aplatissait (66e) dans l’en-but de l’USAP. Jouant carrément côté fermé, les Rouge et Bleu marquait ensuite un essai collectif, attribué à Jean-Pierre Alarcon (75e), bien dans la manière d’un grand Béziers retrouvé. Didier Cambé réussissait les deux transformations, dont l’une pourtant très difficile, 27 à 3,la cause était entendue.
Dans les vestiaires, rayonnant, « Cambé » analysait ainsi le match : « aujourd’hui, nous avons remis les pendules à l’heure. Nous nous sommes laissés surprendre à Perpignan, ensuite nous avons préparé ce match d’une manière très sérieuse, et nous l’avons disputé comme un huitième de finale, le résultat est venu ensuite. Les Perpignanais n’avaient que leur vaillance à nous opposer et tenir de la sorte pendant 80 minutes c’est très dur. Il va falloir compter sur nous pour la suite de cette phase finale. »
Le président de l’ASB se montrait particulièrement réjoui : « les matches se suivent et ne se ressemblent pas, dans ces rencontres aller-retour, la seconde se situe à la maison devant un public satisfait, parce qu’il a vu du bon rugby aujourd’hui. Cette équipe de Béziers 1991 a réduit l’écart qui la séparait des meilleurs, son jeu est complet et très solide, en touche en mêlée et au pied. Nous devons nous méfier de Nîmes, même si nous sommes heureux de jouer encore entre Languedociens, cela donnera lieu à un très beau quart de finale. Les Nîmois ont d’excellents avants, de même que les trois-quart et il faut compter avec leur expérience et leur maîtrise du jeu ».
Les Bleu et Blanc se sont montrés déçus mais très « fair play » dans les vestaires, le capitaine Alain Macabiau estimait quant à lui que son équipe avait été « dominée dans les conquêtes, par des joueurs d’une très grande équipe. On y a cru mais on n’a jamais su comment venir à bout de ces avants ».
Les Biterrois ont dominé leur sujet grâce à la pression de leurs avants, qui ne s’est jamais distendue, de même le jeu en touche et les tirs aux buts ont été effectués habilement. Béziers, onze fois champion de France, n’a plus gagné le titre depuis 1984 et la route est encore longue jusqu’au Parc des Princes mais lorsque la soif de victoire est aussi évidente, le succès est presque consommé. _________________ Memento audere semper
Membre actif de l'AFPO, l'Amicale des Fatigués du Pas de l'Oie |
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